Gommer le problème avec l'écrit

Comme « - Il y a des fautes ! », le lecteur ne regarde pas le contenu. Si bien qu’après 12 ans de scolarité et autant de vie professionnelle, j’en étais persuadé, j’étais nulle, incapable de m’exprimer et de me faire comprendre. Pourtant j’aimais les alexandrins, le rimes, les doubles sens des mots prononcé… mais bon, rien de cela n’était pour moi. A 35 ans j’ai passé un test. Et bien je ne suis pas faignante, je suis dyslexique.

- ça se soigne ? insistais-je alors qu’on venait de m’expliquer que c’est un handicap.
- non, ça se compense ! On ne fait pas repousser une jambe, on fournit un fauteuil pour garder la mobilité.
Et pour la dyslexie alors ? 2 ans de travail avec l'orthophoniste + 3 ans pour enlever la culpabilité et accepter +
5 ans pour expliquer aux lecteurs que inévitablement, il y aura des fautes. Puis tout le reste de la vie à jouer le cœur légé avec les mots et les sons. Enfin, point d'illusion tout de même, les remarques et l'incompréhension de la part des autres revient régulièrement. être sereine me permet d'expliquer avec calme et patience, d'informer et souvent d'inspirer un autre regard.
