Dessins et oralité

Et pourquoi pas !

Le dessin et le conte ensemble et bien ce sont les livres illustrés pour les enfants où les couleurs font briller les yeux des enfants, où les princes et les dragons dédoublent l'histoire écrite. Quand j'ai commencé le conte orale, peintre et dessinatrice, je ne pensait pas du tout combiné les deux. Si quelques chose est introduit dans un conte orale (musique, danse, dessin, chant, etc) il est fort important pour moi qu'il servent vraiment l'histoire; non comme un gadget de divertissement mais comme une partie de la narration. 

Dans les contes écrit illustré classique et dans le Kamishibai , le dessin est déjà là tout fait quand on parle. J'avais envie de dessiné devant le public, que le dessin soit changeant. Sauf que le temps du dessin est bien bien plus long que celui de la parole ! Comment faire ? Simplifié pour allez à l’essentiel graphique, cela demande une grande maitrise et de bien choisir le media; mais faisable. Reprendre une étape du dessin pour la suivante, ce serait astucieux; seulement le média doit le permettre. C'est dans cet objectif de dessin "en live" que je propose deux approches : celle du grand drap magique et celle de l'eau qui transforme le crayon. 

Dans la deuxième partie de cette article, je parle du rôle du dessin dans deux cas lié au conte: celui de l'accompagnement du public dans les éléments de l'histoire; et celui de l'accompagnement du conteureuse dans la mémorisation de son histoire. 

Grand tissu magique 

Et j'avais acheter il y a quelques années, ce drap magique, quand on le brosse dans un sens il change de couleur. Le media, tout à fait original permet justement un dessin simple et totalement réversible. Le plus pour conter quelques soi les circonstances : pas d'encre, de pinceau, de feuille ou de feutre. Rien que ma main... magicienne. 

Avec beaucoup d'entrainement et de travail de structuration du récit, j'ai maintenant plusieurs conte dessiné devant le publique. Le conte "Le petit soleil" dessine ce qui se passe sur le lieu principal de l'action. Les reflets, les personnages et les objets apparaissent et disparaissent... jusqu'à ce que le dessin vous révèle le secret du renard ! 

conteuse en train dessiner sur le drap magique

Le conte "le pinceau magique" met en dynamique ce que le petit garçon dessine ici et là. Là encore, le résolution du conte se fait en dessin sur la grande toile. Exactement comme ce qui se passe dans le conte... peut être sommes nous vraiment dans la grande salle du château, le public est la cour de l'empereur et la conteuse est l'enfant qui dessine?

conte du pinceau magique avec le grand drap de dessin

L'eau et la couleur

Ce drap magique est fort enthousiasmant mais le dessin reste en "noir et blanc". Or j'aime la couleur... j'ai donc mis au point et enfin tester en été 2026 le dessin avec des crayons aquarelles. Le travail préparatoire est, comme pour le drap, important. Je dois savoir ce que je dessine à quelle moment et le faire sans dessin préparatoire ou possibilité de rectifier une fois que l'eau à toucher à la couleur. La feuille doit être préparer en amont et surtout pas abimé ou mouillée, cela me permet de réaliser une peinture dans un temps raisonnable compte tenu de celui de la parole. 

Ici, le conte d'Okabongo, raconté par Eymeric, est illustré en direct et le chemin pris par ce grand fleuve apparait à mesure que l'eau s'écoule. L'ensemble creer un second dessin, celui d'un arbre, echo lui aussi à la fin de l'histoire...

conteur et dessinatrice en scènezoome sur la descinatrice et l'arbre qui a été revelé par l'eau

Aide au public

Certains contes sont long, complexes avec plusieurs étapes. Dans ce conte écrit par Myriam sur la route des esclaves, le dessin amène un lien fort et visuel à travers les étoiles de la grande ourse (reconnaissable entre toutes!) qui vont prendre la forme de note de musique, d'étoile et de maison. La continuité créer par ce support soutient les héros dans leur périple à travers l'Amérique du nord. 

image de la conteuse myriam avec en arrière plan la dessinatrice

Aide au conteureuses

L'histoire à commencer en 2020 quand j'ai participé à une animation auprès d'enfants en difficulté scolaire. Les accompagner dans DIRE un conte. Or il faut bien mémoriser l'histoire, savoir où l'on en est. L'enjeu était d'autant plus important qu'elle allait être restituée par plusieurs conteureuse en herbes, les un après les autres! Pas question de les mettre en difficulté avec de la lecture donc j'ai proposer le dessin. Et voilà comment chaque enfants a dit ce qu'il voulait sur le dessin correspondant à sa partie. Le grand kakemono a servi à tant de chose par la suite. mémorisé, se rassurer, se placer avec les autres, connaitre l'ordre etc... Comme vous le voyez, c'est une histoire d'ogre qui mange sa nouvelle épouse, ou plutôt la figurine en pain d'épice qu'elle a préparé!

image du grand kakemono avec les 6 dessins correspondants aux etapes de l'histoire

Et l'histoire ne s'est pas arreter là. Je fais souvent l'exercice pour moi même. En 2023 dans un stage avec Emmanuelle Saucour, j'ai découvert une autre manière de dessiner les contes pour leur mémorisation : le déplacement des personnages dans l'espace. Ici l'histoire de cendrillon : 

Depuis, je m'amuse à dessiner les contes que j'entends avec la mise en place original et au plus juste de leur structure. Lien ici sur un article détaillant 4 d'entre eux.